La Première ministre de la République démocratique du Congo (RDC), Judith Suminwa Tuluka, a pris la parole lors du segment de haut niveau de la 58ᵉ session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, à Genève. Dans son intervention, elle a dressé un état des lieux alarmant de la situation des droits humains en RDC, particulièrement dans l’est du pays, où des groupes armés continuent de commettre des exactions contre les populations civiles.
Un cri d’alarme face aux violations des droits humains
Dans un discours marqué par un ton à la fois ferme et préoccupé, la cheffe du gouvernement congolais a dénoncé les crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés sur le sol congolais. Elle a insisté sur les violences qui touchent particulièrement les femmes et les enfants, victimes de massacres, de déplacements forcés et de violences sexuelles utilisées comme armes de guerre. « Il est inadmissible que de telles atrocités se poursuivent sous le regard du monde », a-t-elle martelé, appelant à une prise de conscience collective et à une réponse internationale plus robuste.
Judith Suminwa a également rappelé que la RDC n’est pas seulement une victime, mais un acteur engagé dans la protection des droits humains. Elle a mis en avant les efforts du gouvernement congolais pour restaurer l’autorité de l’État dans les zones en proie à l’insécurité et pour poursuivre en justice les auteurs des crimes commis sur le territoire national. Toutefois, elle a reconnu que ces efforts restent insuffisants face à l’ampleur de la crise et a plaidé pour une assistance internationale accrue.
Un appel à la responsabilité de la communauté internationale
La Première ministre a exhorté les Nations unies et les partenaires internationaux à assumer pleinement leur rôle dans la résolution de la crise congolaise. Elle a appelé à un renforcement des sanctions contre les groupes armés et leurs soutiens, tout en demandant une réforme du mandat de la MONUSCO pour qu’elle puisse répondre plus efficacement aux besoins des populations vulnérables.
Par ailleurs, elle a insisté sur la nécessité d’un dialogue sincère au sein du Conseil des droits de l’homme afin d’adopter des mesures concrètes en faveur de la protection des civils. Selon elle, la lutte pour les droits humains ne peut être sélective ni dictée par des intérêts politiques. « La vie d’un enfant congolais ne vaut pas moins que celle d’un enfant ailleurs dans le monde », a-t-elle déclaré, interpellant ainsi la conscience collective des États membres.
Un message porteur d’espoir et de détermination
Malgré la gravité du constat dressé, Judith Suminwa a tenu à rappeler la résilience du peuple congolais et la détermination du gouvernement à œuvrer pour un avenir meilleur. Elle a réaffirmé l’engagement de la RDC à respecter ses obligations internationales en matière de droits humains et à collaborer avec les institutions onusiennes pour améliorer la situation sur le terrain.
Son intervention à Genève s’inscrit dans une volonté de replacer la crise congolaise au centre des préoccupations internationales et d’obtenir des actions concrètes en faveur des millions de victimes de violences. Reste à savoir si cet appel sera suivi d’effets tangibles ou s’il restera un cri de plus dans l’indifférence de la scène diplomatique mondiale.
Charité-Dadie Zamba
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