Le déplacement de la CENCO et de l’ECC dans le Nord-Kivu pour rencontrer les leaders du M23 et de l’AFC suscite un vif débat. Officiellement, cette mission s’inscrit dans la quête d’un dialogue inclusif pour ramener la paix à l’Est de la RDC. Mais en coulisses, une partie de l’opinion y voit une initiative maladroite, voire dangereuse, légitimant indirectement des groupes armés perçus comme des instruments de l’agression étrangère. Une telle démarche, selon certains, renforcerait la position du M23 au détriment de l’État congolais.
Le scepticisme grandit face à ce type d’approche, souvent assimilée à une forme de normalisation de la violence imposée par ces mouvements rebelles. Ceux qui critiquent cette mission estiment que discuter avec les figures de l’AFC, comme Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa, revient à cautionner la stratégie de « congolisation » de l’agression, une thèse qui circule avec insistance. Loin de résoudre la crise, ce dialogue risquerait de donner aux groupes armés une reconnaissance politique, tout en occultant la responsabilité des États parrains de cette insécurité.
D’un autre côté, l’Église, en tant que médiatrice, cherche avant tout une issue pacifique, convaincue qu’aucune guerre ne se termine sans dialogue.
Si la CENCO et l’ECC veulent réellement contribuer à une paix durable, elles devraient recentrer leur médiation sur les vrais décideurs du conflit. Car en l’état, tout dialogue avec les groupes armés risque de donner l’illusion d’une solution, alors qu’il ne fait que consacrer la fragilité de la souveraineté congolaise.
Rédaction
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