L’ananas, est aujourd’hui omniprésent. Depuis janvier, les étals débordent de ce fruit apprécié pour ses bienfaits nutritionnels. Une aubaine pour les consommateurs, mais un défi logistique pour les producteurs qui peinent à écouler leurs récoltes.
Selon Pierre Ngueji, nutritionniste à Kananga, cette explosion de la production témoigne d’un changement dans les pratiques agricoles locales. Longtemps focalisés sur des cultures comme le maïs, le niébé ou l’arachide, de nombreux cultivateurs se tournent désormais vers l’ananas, encouragés par des campagnes de sensibilisation prônant la diversification agricole.
Si cette surproduction génère des revenus pour les agriculteurs, elle met également en lumière un problème majeur : l’état déplorable des routes. L’acheminement des ananas vers les centres de consommation est un véritable parcours du combattant. Routes impraticables, manque de moyens de transport et pertes post-récolte considérables freinent l’essor de cette filière prometteuse.
Les colporteurs, faute d’équipements adaptés, se retrouvent contraints de vendre des produits déjà détériorés, réduisant ainsi leur rentabilité et démotivant les petits producteurs. Face à cette réalité, ces derniers plaident pour une réhabilitation urgente des infrastructures routières afin de fluidifier le transport et maximiser les profits.
Les localités de Tshimpidinga, Tubuluku, Kasanda, Kasuyi et Tendayi figurent parmi les principales zones productrices d’ananas autour de Kananga. Leur climat favorable et leur main-d’œuvre disponible font d’elles des pôles agricoles incontournables.
L’abondance actuelle d’ananas est un signal fort du potentiel agricole du Kasaï Central. Mais sans un réseau routier fonctionnel, cette richesse pourrait vite se transformer en casse-tête pour les producteurs. Une prise en main rapide de la situation permettrait non seulement d’assurer une meilleure rentabilité, mais aussi de répondre à la demande croissante d’une population avide de produits sains et accessibles.
Thomas Mukonga Tshilumba, depuis Kananga.
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