Le Président Félix Tshisekedi a reçu lundi 03 février à la Cité de l’Union africaine une délégation des représentants de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC), conduite par le Cardinal Fridolin Ambongo. Au cœur des échanges : la crise sécuritaire et humanitaire qui ravage l’Est du pays. Les chefs religieux ont présenté un projet de sortie de crise, salué par le Chef de l’État comme une initiative « louable ».
Si cette démarche des Églises montre leur engagement face à la crise, elle pose aussi une question : pourquoi l’initiative vient-elle d’acteurs religieux et non des autorités censées assurer la sécurité du pays ? L’appel du Président à la « cohésion nationale » souligne la nécessité de l’unité, mais il ne propose pas de mesures concrètes pour freiner l’avancée des groupes armés. Or, c’est justement ce que les populations de l’Est attendent en priorité.
Le Cardinal Ambongo, de son côté, a adressé un message de réconfort aux habitants du Nord-Kivu, affirmant qu’ils ne sont pas seuls et que l’Église prendra ses responsabilités pour « trouver ensemble une solution ». Mais cette solidarité spirituelle suffit-elle face à l’intensification des violences ? Les promesses répétées des autorités n’ont jusqu’ici pas empêché la progression des groupes armés.
L’Église, traditionnellement influente en RDC, s’impose une fois de plus comme médiatrice dans une crise qui s’enlise. Reste à voir si cette initiative se traduira en actes concrets ou si elle rejoindra la longue liste des tentatives avortées de pacification de l’Est.
Charité-Dadie Zamba
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