Le couperet est tombé : les biens de Naanga et consorts, autrefois promis aux enchères, ne seront finalement pas mis en vente. Dans un revirement inattendu, le ministère de la Justice a tranché en faveur d’une affectation directe de ces avoirs aux services judiciaires de l’État congolais. Cette décision, officialisée par un communiqué du 30 janvier 2025, enterre définitivement toute possibilité pour des acheteurs privés de mettre la main sur ces propriétés autrefois détenues par les condamnés à mort dans l’affaire RP 440/441/2024. Un changement radical qui modifie non seulement le sort de ces biens, mais aussi la symbolique des sanctions judiciaires en RDC.
Avec cette confiscation définitive, l’État congolais envoie un message fort : la spoliation des ressources nationales ne peut plus se solder par une simple redistribution via le marché. En attribuant ces biens aux services du Ministère de la Justice, tant civils que militaires, le gouvernement transforme ces acquisitions en outils de réforme et de renforcement institutionnel. Cela marque une rupture avec les pratiques du passé où les biens saisis finissaient souvent entre les mains d’acteurs économiques influents, parfois proches du pouvoir. Désormais, la justice récupère pour son propre fonctionnement ce qui fut jadis le fruit de la prédation.

Alors que Naanga pose ses valises à Goma, où il espérait sans doute un dialogue plus ouvert sur son avenir, cette décision acte définitivement sa déchéance et celle de ses associés. Plus aucun retour en arrière possible : leurs fortunes ne serviront ni à leurs familles ni à d’éventuels repreneurs, mais à l’appareil judiciaire qu’ils ont autrefois défié. Une manière, pour l’État congolais, de graver dans le marbre un principe fondamental : la justice ne se solde pas, elle s’impose.
Charité-Dadie Zamba
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