La capitale congolaise, Kinshasa, a été paralysée ce lundi 20 janvier dans la matinée par une grève générale des chauffeurs de transport en commun, malgré l’interdiction formelle du gouverneur de la ville-province. Taxis, bus ont déserté les grandes artères, plongeant des milliers de Kinois dans une situation de mobilité chaotique. Cette action, selon les chauffeurs, est un cri d’alarme face à des mesures tarifaires jugées irréalistes et nuisibles à leur survie.
Un chauffeur rencontré au parking de la poste dans la commune de Lemba s’est confié. « Le gouverneur veut imposer ses prix, mais il ne regarde pas nos conditions de travail. Les routes sont mauvaises, les embouteillages interminables, et les versements aux propriétaires de véhicules sont devenus insupportables. » Poro Junoir
Selon lui, l’imposition des tarifs officiels, sans amélioration préalable des infrastructures routières, est une mesure déconnectée de la réalité.
Les chauffeurs dénoncent également la montée en flèche des coûts d’entretien des véhicules et des dépenses quotidiennes, aggravés par l’état lamentable des routes. « Comment voulez-vous que nous respections ces tarifs alors que nos véhicules s’usent chaque jour à cause des nids-de-poule ? Si le gouverneur veut ses prix, qu’il commence par réparer les routes et qu’il mette à disposition des bus publics. Travailler dans ces conditions avec ses exigences, c’est impossible ! » a ajouté un autre chauffeur, visiblement frustré.

Face à cette grève massive, les usagers se retrouvent pris en otage, contraints de parcourir des kilomètres à pied ou de payer des tarifs exorbitants à des taxis clandestins. La tension reste palpable dans la ville, et les appels au dialogue entre les autorités provinciales et les chauffeurs se multiplient. Le bras de fer engagé met en lumière une problématique plus profonde : celle de la gestion des infrastructures et des politiques tarifaires dans une capitale où les défis économiques pèsent sur tous les acteurs.
Benedicte Mujinga
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