L’ancien Premier ministre Bruno Tshibala Nzhenzhe sort de sa réserve politique et adresse un message direct au président Félix Tshisekedi. Réagissant au point de presse présidentiel du 6 mai 2026, il rappelle publiquement les fondements historiques du combat démocratique mené par l’UDPS depuis plus de trente ans.
Dès l’entame de son intervention médiatique, Bruno Tshibala replace le débat dans son contexte historique.
« Après l’indépendance, le pouvoir a été confisqué par un seul homme pendant plusieurs années, les libertés fondamentales ont été bafouées et le peuple a été chosifié », affirme-t-il.
Selon lui, la création de l’UDPS ne répondait pas à une ambition personnelle, mais à une nécessité nationale : mettre fin à la dictature et instaurer la démocratie.
Revenant sur l’héritage politique de Étienne Tshisekedi wa Mulumba, il insiste sur deux piliers considérés comme non négociables.
« La démocratie implique l’alternance au pouvoir et la limitation des mandats », martèle l’ancien chef du gouvernement.
Il rappelle que cette limitation à un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois constitue un choix politique mûrement arraché par l’opposition démocratique afin d’éviter le retour d’un pouvoir personnel.
« Il est hors de question qu’un homme dépasse ce délai pour briguer un troisième mandat proscrit par le peuple », insiste-t-il.
Abordant la question sensible d’une éventuelle révision constitutionnelle, Bruno Tshibala adopte un ton plus ferme.
Selon lui, si la Constitution peut être révisée sur plusieurs matières, certaines dispositions restent intangibles.
« Les valeurs protégées par l’article 220 ont coûté des vies humaines. Elles ne peuvent subir aucune modification », prévient-il.
Il dénonce par ailleurs l’influence de certains acteurs politiques qu’il accuse d’encourager des réformes constitutionnelles pour préserver leurs intérêts.
« Ceux qui proposent ces changements ne sont pas les hommes qui ont mené la lutte contre la dictature », affirme-t-il.
Face à cette situation, Bruno Tshibala formule deux demandes claires au chef de l’État.
D’abord, il propose que toute initiative de réforme institutionnelle soit discutée dans le cadre d’un dialogue national inclusif.
« Que ceux qui veulent réviser la Constitution consignent leurs propositions et les présentent au dialogue national », suggère-t-il, estimant que seule une instance impartiale peut trancher dans l’intérêt supérieur de la Nation.
Ensuite, il invite Félix Tshisekedi à s’inspirer du parcours de Xanana Gusmão, ancien président du Timor oriental.
« Celui qui vient me proposer de violer la Constitution pour rester au pouvoir, je démissionne », cite-t-il, appelant le président congolais à adopter une posture similaire.
Au-delà du débat constitutionnel, l’ancien Premier ministre insiste sur l’urgence d’un dialogue politique pour sortir le pays de la crise sécuritaire.
« Depuis 1960, les Congolais règlent leurs conflits par la négociation et non par la solution militaire », rappelle-t-il.
Il estime ainsi qu’un dialogue inclusif demeure indispensable pour réunifier un territoire qu’il juge fragmenté et pour mettre fin aux violences persistantes dans l’Est du pays.
Dans cette perspective, il encourage les autorités à lever rapidement les obstacles organisationnels avec la Conférence épiscopale nationale du Congo, pressentie comme médiatrice.
« Sans dialogue, les souffrances de nos compatriotes de l’Est continueront », avertit-il.
En conclusion, Bruno Tshibala présente son intervention comme un appel au patriotisme politique.
Selon lui, le respect strict de la Constitution, l’organisation d’un dialogue national crédible et la fidélité aux valeurs historiques de l’UDPS constituent les seules voies capables de préserver la stabilité institutionnelle et de ramener durablement la paix en République démocratique du Congo.
Charite-Dadie Zamba
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