Une nouvelle flambée de violence a secoué Kinshasa. Au moins deux personnes ont perdu la vie et plusieurs autres ont été blessées mercredi 15 avril, lors de graves troubles impliquant d’anciens habitants de Pakadjuma récemment relocalisés dans la concession de l’INPP à Kinkole, dans la commune de N’sele.
Selon des sources locales, ces déplacés, armés notamment de machettes, bêches et coupe-coupe, ont envahi l’hôpital général de référence de Kinkole après avoir fui une menace d’attaque attribuée aux gangs urbains communément appelés kulunas. Craignant des représailles après un affrontement survenu la veille, ils ont investi l’établissement de santé, forçant plusieurs bureaux administratifs et tentant d’accéder à des salles d’hospitalisation.
Face à la situation, le personnel médical s’est retranché dans les bureaux pour se protéger. Des témoins indiquent que les forces de l’ordre sont intervenues en tirant des coups de feu afin de rétablir le calme, pendant que des blessés par balle étaient acheminés en urgence vers l’hôpital.
Des sources médicales confirment que le bilan humain s’est alourdi au fil des heures. Plusieurs victimes ont succombé, certaines sur place et d’autres durant leur transfert vers l’hôpital militaire du camp Kokolo. Les médecins évoquent également des scènes de tension extrême, le personnel soignant ayant été menacé par des membres de la foule accompagnant les blessés.
Cette crise s’inscrit dans un contexte déjà fragile. En février dernier, la démolition des habitations précaires de Pakadjuma, dans la commune de Limete, avait provoqué des affrontements violents entre habitants et forces de sécurité, causant plusieurs morts. Depuis leur relocalisation à Kinkole, les déplacés vivent dans une situation sécuritaire précaire, alimentant un climat de peur et d’instabilité dans cette partie de la capitale.
Rédaction
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