jeudi, mai 14, 2026

Doha : un visage inattendu surgit dans les négociations… Qui parle désormais au nom de l’AFC/M23 ?

Le processus de Doha connaît un tournant stratégique. Alors que les discussions entre le gouvernement congolais et la rébellion AFC/M23 reprennent cette semaine en Suisse, une présence inattendue attire déjà l’attention des observateurs politiques.

Initialement prévues au Moyen-Orient, les assises ont été délocalisées en raison des tensions sécuritaires régionales. Cependant, les négociations se poursuivent sous la facilitation du Qatar, déterminé à maintenir la dynamique diplomatique engagée.

Entre-temps, l’AFC/M23 a transmis au ministre d’État qatari des Affaires étrangères, Mohammed bin Abdulaziz Al Khulaifi, la liste officielle de ses représentants.

La délégation comprend douze membres. D’abord, six négociateurs conduits par René Abandi comme chef de délégation. Ensuite, six experts chargés d’appuyer les discussions techniques et politiques durant les pourparlers.

Or, un nom domine désormais l’actualité diplomatique : celui de Claude Ibalanky Ekolomba.

De la Présidence à l’AFC/M23 : un basculement politique remarqué

Pour la première fois, Claude Ibalanky apparaît officiellement au sein de la délégation de l’AFC/M23. Cette évolution marque une rupture notable dans son parcours politique.

En janvier dernier, il avait déjà été aperçu à Goma aux côtés des dirigeants rebelles. À l’époque, il affirmait ne pas avoir rejoint le mouvement, évoquant plutôt une « offre politique » adressée à Corneille Nangaa. Il envisageait alors un rôle de consultant externe, en attente d’une réponse officielle.

Aujourd’hui, sa participation aux négociations semble confirmer un repositionnement politique majeur.

Un ancien proche du pouvoir au cœur des négociations

Avant cette séquence, Claude Ibalanky occupait des fonctions centrales dans l’appareil d’État. Il a coordonné le Mécanisme national de suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, chargé de veiller aux engagements régionaux liés à la paix dans l’Est de la RDC.

Ensuite, une ordonnance présidentielle signée le 23 mai 2023 par le président Félix Tshisekedi l’avait nommé ambassadeur itinérant rattaché à la Présidence de la République.

Parallèlement, il avait lancé, le 12 juin 2023, le regroupement politique Réveil Populaire (REPOP), structure engagée en faveur d’un second mandat présidentiel lors des élections générales de décembre 2023.

Toutefois, le 19 janvier 2024, ce regroupement avait contesté les résultats des législatives publiés par la Commission électorale nationale indépendante, révélant déjà des tensions politiques naissantes.

Doha, théâtre d’un nouveau rapport de forces

Désormais, la présence d’un ancien collaborateur du pouvoir au sein de la délégation rebelle reconfigure la lecture politique du dialogue de Doha. Ainsi, les prochaines séances de négociation pourraient dépasser la simple question sécuritaire pour ouvrir un débat plus large sur les équilibres politiques nationaux.

Une question demeure; cette participation annonce-t-elle une recomposition politique profonde autour du processus de paix congolais ?

Charite-Dadie Zamba

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