Le procès du docteur David Balanganayi prend une tournure médicale ce lundi 30 mars 2026 à Kinshasa. Devant le Tribunal de grande instance de Kinkole, la justice entend les responsables de l’Hôpital général de référence de Kinkole afin d’éclairer les circonstances de l’intervention contestée lors d’un accouchement.
Les docteurs José Lumengamo, médecin directeur, et Samy Tessi, médecin chef de staff, comparaissent comme témoins dans cette affaire où leur confrère est poursuivi pour torture, tentative de meurtre et coups et blessures aggravés sur une patiente.
Interrogé par le tribunal sur la conduite à adopter face à une hémorragie post-partum mettant la vie d’une accouchée en danger immédiat, le docteur Samy Tessi insiste d’abord sur la complexité du cas.
Selon lui, la patiente aurait opposé une forte résistance aux soins depuis le travail d’accouchement jusqu’à la période post-natale, compliquant la prise en charge médicale.
Le médecin explique qu’en situation d’urgence, l’équipe soignante doit rechercher en priorité le consentement éclairé de la patiente. Lorsque celle-ci refuse les soins malgré le risque vital, le personnel médical peut solliciter l’appui de proches ou de personnes influentes pour faciliter l’adhésion au traitement.
En cas de refus persistant, le transfert vers une autre structure reste, selon lui, l’option recommandée. Toutefois, il rappelle clairement devant la juridiction que les violences physiques ne font pas partie des pratiques médicales autorisées.
Le chef de staff estime néanmoins que le médecin poursuivi aurait agi dans un contexte d’extrême urgence, cherchant avant tout à sauver la vie de la patiente confrontée à une situation critique.
Avec ces auditions, le tribunal tente désormais d’établir la frontière entre faute médicale, usage disproportionné de la force et état de nécessité invoqué par la défense.
Cecile Lowa
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