jeudi, mai 28, 2026

Forum médias Chine–RDC : à Kinshasa, la bataille du récit s’ouvre entre médias et États

À Kinshasa, le premier Forum médias Chine–RDC s’est ouvert mercredi 18 mars dans une ambiance à la fois stratégique et assumée. Ici, il ne s’agit pas seulement de coopération. Il s’agit de parole, d’image… et surtout de qui raconte quoi.

Très vite, les interventions convergent. Les autorités congolaises veulent changer de posture. Fini d’être racontées par d’autres.

« Raconter nous-mêmes nos réalités »

Prenant la parole, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, installe le décor sans détour.

Selon lui, ce forum s’inscrit dans la continuité du partenariat signé avec la Chine. Mais derrière cette rencontre, un autre enjeu se dessine : reprendre la main sur le récit.

Dans ses mots, une idée revient avec insistance : les pays africains, et la RDC en particulier, ne veulent plus voir leur histoire filtrée par des regards extérieurs.

Dès lors, l’information change de statut. Elle ne se limite plus à informer. Elle devient un levier d’influence, presque un terrain de souveraineté.

Un espace pour rapprocher les rédactions

Du côté de l’Agence congolaise de presse, son directeur général, Bienvenu-Marie Bakumanya, donne une autre dimension à la rencontre.

Il décrit un cadre où les médias apprennent à se connaître, à croiser leurs pratiques et à produire ensemble.

Dans cet esprit, la collaboration avec Xinhua ne se limite pas à un partenariat classique. Elle s’inscrit dans une volonté de faire circuler les contenus autrement, entre République démocratique du Congo et Chine.

L’idée, en filigrane : construire un récit commun, plus proche des réalités vécues.

Xinhua entre mémoire et projection

Présente en RDC depuis plusieurs décennies, l’agence Xinhua rappelle qu’elle observe l’évolution du continent depuis les indépendances.

Son représentant régional, Ying Qiang, évoque une relation qui s’est construite dans le temps, au rythme des transformations africaines.

Aujourd’hui, il regarde vers l’avenir. Dans les rédactions, dit-il, les mutations sont déjà visibles. Le numérique et l’intelligence artificielle redessinent les pratiques.

Dans ce contexte, la coopération entre médias prend une autre dimension. Elle devient aussi technologique.

L’ACP appelée à jouer un rôle central

Revenant à la tribune, Patrick Muyaya invite les acteurs économiques, congolais comme chinois, à s’appuyer davantage sur l’Agence congolaise de presse.

Dans son intervention, il insiste sur la place de cette agence dans l’écosystème médiatique national.

Sa modernisation en cours traduit une volonté : disposer d’un outil capable de porter la voix officielle du pays, mais aussi de peser dans l’espace informationnel.

Derrière le forum, une recomposition du paysage médiatique

Au fil des échanges, une réalité s’impose : ce forum dépasse largement le cadre d’un simple événement.

À Kinshasa, c’est une autre manière de penser l’information qui se dessine. Une information moins subie, plus assumée.

Entre coopération, influence et narration, les médias deviennent des acteurs à part entière des relations entre États.

Et dans cette dynamique, la République démocratique du Congo semble décidée à ne plus rester en retrait.

Cecile Lowa

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