Dans une prise de parole détaillant son parcours au sein du mécanisme national de suivi, Claude Ibalanky affirme avoir mené plusieurs initiatives liées aux groupes armés et aux processus régionaux de paix en République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs.
Il déclare notamment : « Sous mon impulsion, les FPRPI en Ituri ont déposé les armes et se sont rendus en cantonnement. Plus tard, faute de suivi et d’un programme PDDR crédible, ils sont retournés dans la forêt. J’ai donc proposé la mise en place du programme PDDRCS pour encadrer réellement les rendus. »
Des contacts avec différentes factions du M23
Selon lui, le mouvement M23 était scindé en deux factions depuis 2013 : la faction UNIGA basée au Rwanda et la faction Makenga-Bisimwa basée en Ouganda. Il précise que la première était « désarmée, cantonnée et bien identifiée dans un camp de réfugiés », ajoutant que sa lettre du 20 novembre 2019 à l’auditeur général d’État concernait ce groupe.
Il indique également : « Une délégation du M23 Makenga-Bisimwa a été invitée et logée à Kinshasa pendant environ 14 mois, autour de la période septembre 2020-novembre 2021, sur invitation du vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur sans connaissance ni implication du mécanisme national de suivi. »
Plus loin, il ajoute : « À la veille du sommet de Naïrobi II, sur invitation du président Museveni et sur ordre du chef de l’État, je suis rendu à Kampala pour rencontrer les leaders du M23 sous médiation. »
Initiatives diplomatiques et sécuritaires régionales
Claude Ibalanky affirme avoir organisé en 2019 à New York une conférence internationale sur l’investissement dans la paix avec la participation du président de la République et des partenaires internationaux.
Il évoque aussi la création du G5 réunissant les responsables des renseignements du Congo, du Burundi, du Rwanda, de l’Ouganda et de la Tanzanie afin de surveiller les forces négatives. Il déclare également avoir contribué à une réconciliation entre services rwandais et burundais, ainsi qu’au rapprochement entre le Rwanda et l’Ouganda.
Selon lui, la période 2019-2021 aurait permis d’« éviter l’escalade et consolider une accalmie ». Il cite aussi un sommet de haut niveau organisé en février 2022 et le lancement d’une feuille de route de pacification combinant moyens militaires et non militaires.
Des divergences internes évoquées
Claude Ibalanky affirme enfin que ces actions lui auraient attiré « des rivalités ». Il évoque l’intervention d’un haut représentant du président de la République ayant progressivement pris la main sur le dossier et provoqué une rupture lors de Naïrobi II en raison d’approches opposées concernant les deux factions du M23.
Ce témoignage retrace ainsi sa version de son implication dans différents mécanismes de paix et de sécurité régionaux.
Rédaction
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