Après l’assassinat du journaliste Thierry Banga Lole à Bunia, les médias de l’Ituri ont décidé de se taire. Ainsi, les journalistes observent trois journées sans information, du mardi 29 décembre au jeudi 1ᵉʳ janvier.
Par cette action, la presse locale entend dénoncer l’insécurité persistante et l’impunité qui menacent le travail des journalistes dans la province.
Une décision prise à l’unanimité par les journalistes
D’abord, l’Union nationale de la presse du Congo, section Ituri, et l’ONG Journaliste en danger ont réuni les professionnels des médias. Ensuite, à l’issue des échanges, la décision a été prise à l’unanimité.
Concrètement, durant ces trois jours, les radios, télévisions, médias en ligne et journaux suspendent toute diffusion d’informations.
Ainsi, les journalistes souhaitent interpeller les autorités provinciales et nationales, mais aussi les partenaires internationaux.
Une action de deuil et de protestation
Dans un communiqué conjoint, l’UNPC/Ituri et JED dénoncent un crime de trop. Selon ces organisations, ce meurtre intervient dans un contexte sécuritaire fragile, marqué par de nombreuses atteintes à la liberté de la presse.
Par conséquent, elles exigent l’ouverture immédiate d’enquêtes sérieuses et indépendantes. De plus, elles demandent l’arrestation des auteurs, ainsi que des mesures concrètes pour protéger les journalistes.
À défaut de réponses claires, elles préviennent que d’autres actions pourraient être envisagées.
Sit-in devant le gouvernorat de l’Ituri
Par ailleurs, ce lundi matin, des journalistes ont organisé un sit-in pacifique devant le gouvernorat de l’Ituri, à Bunia.
À travers cette mobilisation, ils réclament justice pour leur confrère. En même temps, ils demandent un renforcement de la sécurité pour les professionnels des médias.
De cette manière, la presse locale veut éviter que ce meurtre reste sans suite.
Les faits autour de l’agression mortelle
Pour rappel, Thierry Banga Lole travaillait comme technicien à la RTNC Bunia. En parallèle, il collaborait avec le média en ligne La Voix de l’Ituri.
Dans la nuit du dimanche 28 au lundi 29 décembre, des hommes armés non identifiés se sont introduits à son domicile. Ensuite, ils l’ont violemment agressé vers une heure du matin.
Grièvement blessé, il a été transporté en urgence dans une structure sanitaire de la ville. Cependant, malgré les soins, il a succombé à ses blessures. Son corps repose actuellement à la morgue de Bunia.
JED parle d’une attaque ciblée
De son côté, Journaliste en danger a exprimé une vive indignation. Selon l’organisation, cet assassinat ne ressemble pas à un simple acte de banditisme.
Au contraire, JED estime qu’il s’agit d’une attaque ciblée contre un journaliste, en raison de son travail. Ses collègues le décrivent d’ailleurs comme « un professionnel engagé, convaincu du rôle du journaliste au service des citoyens ».
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