Depuis une semaine, Kindu tourne au ralenti. Les pompes sont à sec, les motos-taxis à l’arrêt et les files d’attente s’allongent aux rares stations encore ouvertes. La ville est frappée par une pénurie de carburant qui bouleverse la vie quotidienne et paralyse l’économie locale.
Le choc est brutal pour les habitants. En quelques jours, le litre d’essence est passé de 6 000 à 15 000 francs congolais. Le lundi 8 septembre encore, il coûtait à peine 8 000 FC. Mais dès le jeudi, la flambée a pris de l’ampleur, vidant les poches et semant la colère.
Cette escalade des prix a pris tout le monde de court, des commerçants aux fonctionnaires.
Dans les rues, beaucoup accusent la taxe conventionnelle instaurée par la province d’être à l’origine du chaos.
Mais le gouvernement provincial dément et parle d’une manipulation politique. Selon Hamadi Mugeni, président de l’Association des pétroliers du Maniema, la vraie cause se trouve ailleurs. Les transporteurs fluviaux préfèrent charger du manioc ou du riz plutôt que de convoyer du carburant, jugé moins rentable.
Réunis en conseil de sécurité le 9 septembre, les dirigeants provinciaux ont adopté des mesures d’urgence. Désormais, chaque embarcation reliant Ubundu à Kindu doit transporter au moins 40 % de carburant. Le déchargement est rendu obligatoire chaque jour et un comité de suivi se réunira chaque samedi. Les autorités promettent aussi des sanctions contre toute spéculation sur les prix.
Dans les quartiers, l’attente reste pesante. Les transports coûtent plus cher, les générateurs s’éteignent et les marchés se vident plus tôt.
« Même pour aller au travail, c’est devenu un luxe », soupire un habitant. Si les mesures officielles sont appliquées, elles pourraient ramener un semblant de normalité. Mais pour l’instant, Kindu vit toujours au rythme d’une crise qui étrangle ses habitants.
Rédaction
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