Depuis mai 2025, Médecins Sans Frontières (MSF) intervient en urgence à Katana et Kalehe, au Sud-Kivu. Après plusieurs mois de conflit, le système de santé local vacille, laissant les populations dans une grande précarité. En deux mois, MSF a soigné gratuitement près de 2 500 patients et restauré des services médicaux essentiels.
Une évaluation menée en mars par MSF révélait l’ampleur des dégâts : sur 24 structures sanitaires examinées, 15 avaient fermé, 10 étaient endommagées et 16 pillées. Pour répondre à cette crise, MSF a soutenu les hôpitaux généraux de Katana et Kalehe ainsi que plusieurs centres de santé clés.
L’organisation a aussi apporté d’importants dons en fournitures médicales pour maintenir ces structures à flot.
MSF concentre ses efforts sur les enfants de moins de cinq ans, la prise en charge de la malnutrition, les soins gynéco-obstétricaux compliqués et le soutien aux victimes de violences. Par ailleurs, les patients doivent affronter des obstacles supplémentaires. La pauvreté accrue et l’insécurité limitent l’accès aux soins.
Le Dr Bahati Magadju, directeur de l’hôpital général de Katana, témoigne : « Avant MSF, nous admettions environ cinq enfants par semaine. En juin, ce nombre a grimpé à 60 admissions hebdomadaires. »
Il ajoute : « La gratuité des soins et l’approvisionnement en médicaments garantis par MSF ont permis de réduire la mortalité. »
La crise alimentaire s’aggrave aussi. Plusieurs familles perdent l’accès à leurs champs, ce qui fait grimper les prix des denrées.
Emmanuel Njikam, coordinateur adjoint de projet pour MSF, explique : « Beaucoup de familles ne peuvent plus se nourrir correctement. »
Il précise : « Nous fournissons des aliments thérapeutiques, comme le Plumpy’Nut, pour aider les enfants à se rétablir de la malnutrition. »
Malgré ces efforts, certaines zones restent inaccessibles. L’insécurité et la fermeture des aéroports de Bukavu et Goma compliquent l’acheminement de l’aide.
Muriel Boursier, cheffe des programmes MSF au Sud-Kivu, insiste : « Il est urgent que tous les acteurs garantissent un passage sécurisé pour l’aide humanitaire. »
Elle ajoute : « Le ministère de la Santé et ses partenaires doivent assurer un approvisionnement régulier en médicaments et aliments thérapeutiques. Trop de centres de santé manquent cruellement de ressources. »
Avant de clore son intervention d’urgence, MSF a fait don d’un stock médical couvrant deux mois supplémentaires aux hôpitaux et centres appuyés à Katana et Kalehe.
Cette dotation vise à soutenir la continuité des soins face à un contexte encore très fragile.
Rédaction
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