Les conseils de la République démocratique du Congo ont catégoriquement rejeté les accusations d’enrichissement liées au procès de Joseph Kabila. Ils affirment n’avoir perçu aucun paiement de dix millions de dollars, contrairement à ce qu’affirment certaines rumeurs relayées en ligne.
Lors d’une conférence de presse tenue vendredi 01 août , Me Jean-Marie Kabengele a clarifié la situation. Selon lui, les cabinets impliqués dans ce dossier ont simplement postulé des honoraires pour leurs services.
« Dire que nous avons reçu dix millions de dollars relève de la désinformation. En réalité, nous avons présenté une demande d’honoraires, comme dans toute affaire judiciaire de cette envergure », a-t-il expliqué.
Des honoraires justifiés et “patriotiques”
Toujours selon Me Kabengele, les montants proposés restent modestes. Ils tiennent compte de plusieurs paramètres, dont la gravité des faits reprochés à Joseph Kabila, qualifié de dangereux par l’avocat.
« Plusieurs cabinets approchés ont refusé de prendre le dossier, justement à cause du risque que représente cet homme », a-t-il souligné.
Il a aussi insisté sur l’engagement patriotique de son collectif. Selon lui, l’objectif premier reste la défense des intérêts du peuple congolais.
Des menaces reçues après la première audience
L’avocat a également dénoncé des actes d’intimidation subis par son équipe. D’après lui, ces menaces sont survenues après la toute première audience, au moment même où les avocats ont représenté la République devant la Haute cour militaire.
« Après la première audience, nous avons reçu des messages de menaces de mort. Pourtant, notre combat vise à garantir réparation pour les victimes congolaises des actes attribués à M. Kabila et à ses alliés », a-t-il martelé.
Une comparaison avec l’affaire Pero Luwara
Me Kabengele est allé plus loin en citant une autre affaire pour illustrer son propos. Il a rappelé qu’en mars, l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, avait promis des primes en échange d’arrestations.
« Le 7 mars, un communiqué officiel a circulé. Il promettait quatre millions de dollars à quiconque capturerait Pero Luwara, et autant pour Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa. Ce montant dépasse largement les honoraires que nous avons proposés, simplement pour notre travail dans le cadre du procès », a-t-il conclu.
Un procès hors normes aux enjeux nationaux
Ce dossier judiciaire, inédit dans l’histoire du pays, oppose l’ancien chef de l’État Joseph Kabila à la République qu’il a dirigée pendant dix-huit ans. Le procès en cours devant la Haute cour militaire porte sur de graves accusations, notamment des détournements présumés et des crimes économiques.
Il s’inscrit dans une nouvelle dynamique de redevabilité voulue par les autorités actuelles, dans un climat de forte tension politique. Les débats judiciaires soulèvent non seulement des questions de justice, mais aussi des enjeux de sécurité, de souveraineté et de mémoire collective.
Rédaction
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