En République démocratique du Congo, Médecins Sans Frontières (MSF) tire la sonnette d’alarme. La rougeole et le choléra s’étendent dangereusement, alors que la baisse des financements et les difficultés logistiques paralysent la réponse sanitaire.
Depuis le début de l’année 2025, ces deux épidémies touchent presque toutes les provinces du pays. Plus de 36 150 cas suspects de rougeole et 565 décès ont déjà été enregistrés. Le choléra frappe lui aussi de plein fouet, avec 33 864 cas et 757 morts recensés début juillet.
Selon Emmanuel Lampaert, représentant de MSF en RDC, la situation devient critique.
« La RDC fait face à des ruptures fréquentes de vaccins contre la rougeole et le choléra. Une pénurie de vaccins rougeole est même à craindre pour les vaccinations de routine. Partout, nos équipes constatent la même chose. Tout manque. Et les foyers épidémiques se multiplient. »
En plus du manque de vaccins, les équipes sur le terrain font face à des obstacles majeurs. Dans le Sud-Kivu, la campagne d’urgence contre le choléra n’a pas pu administrer la dose requise à chaque personne, faute de stocks suffisants.
À Businga, dans le Nord-Ubangi, l’absence d’électricité a compliqué la conservation des vaccins, alors que certaines zones étaient situées à plus de 180 km.
Dr Thomas Holibanga, responsable d’intervention à Businga, décrit ces difficultés.
« Nous avons dû mobiliser des motos, des pirogues et des canots rapides pour transporter les vaccins. Sans une logistique adaptée, ces campagnes sont compromises. »
L’insécurité aggrave encore les épidémies. Dans l’Est, les affrontements ont retardé plusieurs campagnes. La fermeture des aéroports de Bukavu et Goma bloque depuis des mois l’acheminement des vaccins, dont les stocks se sont vite épuisés.
Pour Dr Luiza Suarez, coordinatrice médicale de MSF au Sud-Kivu, l’accès à l’eau et l’assainissement restent essentiels.
« Sans investissements durables dans l’eau potable et la gestion des déchets, le choléra continuera de faire des ravages. »
Malgré plus de 20 interventions d’urgence et la vaccination de 437 000 enfants contre la rougeole, les équipes de MSF estiment que les moyens actuels restent insuffisants.
La baisse des financements internationaux fait craindre une aggravation rapide.
En conclusion, Emmanuel Lampaert appelle à des actions immédiates.
« La situation est très inquiétante. Nous demandons la réouverture des aéroports de Goma et Bukavu, ainsi que des efforts accrus pour sécuriser les mouvements humanitaires. C’est une urgence absolue. »
Rédaction
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