La crise persiste au sein du Conseil provincial de la jeunesse (CPJ) du Kasaï Central. Alors que le président Emmanuel Kabangu vient tout juste de retrouver son poste après une suspension préventive de 20 jours pour des accusations de harcèlement sexuel, les autres membres du bureau ont décidé de quitter le siège officiel de l’institution. Ils se sont installés symboliquement sous un manguier, d’où ils affirment désormais exercer leurs fonctions.
Dans une lettre officielle datée du 25 juin 2025, le ministre provincial de la Jeunesse a notifié la réintégration d’Emmanuel Kabangu, évoquant des éléments produits qui attesteraient de son innocence dans l’affaire qui l’oppose à la réceptionniste du CPJ.
Cependant, les 12 autres membres du bureau contestent vivement cette décision. Ils dénoncent une immixtion politique dans les affaires internes du Conseil et une atteinte à la crédibilité de leur institution.
« Ce bureau du Conseil provincial de la jeunesse a été élu pour défendre et accompagner les structures des jeunes du Kasaï Central. Nous ne pouvons pas trahir notre jeunesse dont l’image est ternie depuis plus de deux mois. Le bureau est entaché, et c’est tabou d’y retourner dans ces conditions », ont-ils déclaré.
Ils appellent également les autorités provinciales à écouter leur version des faits.
« Nous voulons que les autorités de la province puissent nous écouter, nous les 12 membres, et comprendre pourquoi nous refusons de reprendre nos activités dans ce bureau et pourquoi elles ont pris cette décision sans nous consulter. Nous sollicitons la tenue d’une assemblée générale avec toutes les structures membres du Conseil provincial de la jeunesse du Kasaï Central », ont-ils ajouté.
Ce geste symbolique d’installer leur bureau en plein air traduit un malaise profond et alimente le débat à Kananga, où de nombreuses voix dénoncent les interférences politiques récurrentes dans les structures de la jeunesse.
Thomas Mukonga Tshilumba, depuis Kananga.
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