La Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC) poursuivent leur initiative inédite d’un Pacte social pour la paix et le bien-vivre-ensemble en République démocratique du Congo (RDC) et dans la région des Grands Lacs.
Après une phase préliminaire marquée par des consultations nationales et internationales, les deux Églises appellent ce samedi 28 juin le Chef de l’État congolais à engager « un Dialogue national » pour s’attaquer aux racines des crises multiformes.
Une réponse « efficace et holistique » aux violences
Portée par la mission prophétique et pastorale des deux Églises, l’initiative veut être une réponse « efficace et holistique » aux crises sécuritaires récurrentes qui endeuillent le pays. Elle s’inscrit dans la continuité de l’appel lancé en 2024 par le Président de la République lors d’un pèlerinage à Isiro et s’aligne sur la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU.
S’appuyant sur les Écritures le psaume 133,1 et l’évangile de Matthieu 5,9 mais aussi sur l’article 63 de la Constitution congolaise, les initiateurs affirment vouloir promouvoir les valeurs morales du « Bumuntu » et préparer les conditions d’un vivre-ensemble pacifique.
Objectifs nationaux et régionaux
Au niveau national, le Pacte social entend s’attaquer aux causes profondes des crises cycliques pour favoriser une paix durable. Dans la région des Grands Lacs, il vise à soutenir les efforts conjoints des États et partenaires pour réduire l’instabilité persistante. À long terme, un projet pilote d’éducation à la paix devrait favoriser la cohésion entre les communautés.
Une diplomatie religieuse active
Durant la phase préliminaire, la délégation conjointe CENCO-ECC a rencontré de nombreux acteurs le Chef de l’État congolais, le leadership de l’AFC/M23, des confessions religieuses, la société civile, l’opposition et l’Union sacrée.
À l’étranger, les représentants des Églises ont échangé avec les Présidents du Rwanda, du Kenya, du Congo-Brazzaville, de l’Ouganda, de l’Angola et de la France, ainsi que des responsables européens, britanniques, américains et qataris.
Ces échanges ont conduit à l’adoption d’une résolution européenne la RC-B10-0211/2025 qui reconnaît la contribution du Pacte social au processus de paix.
Trois défis majeurs
Malgré cet accueil positif, trois défis principaux restent à relever :
• La méconnaissance de l’initiative parmi une partie de la population, certains pensant à tort que le Pacte serait déjà rédigé alors qu’il ne s’agit encore que d’un cadre de réflexion participatif.
• Les questions de sécurité pour les Congolais en exil ou vivant dans les zones hors contrôle de l’État, qui réclament des garanties avant toute participation.
• Le financement et les moyens logistiques, alors que les deux Églises portent encore seules la totalité des coûts et que ni le gouvernement ni les partenaires traditionnels n’apportent de soutien financier à ce stade.
Des risques persistants
Le rapport souligne aussi des risques et menaces susceptibles d’entraver le processus circulation incontrôlée des armes, présence de mines et d’obus non explosés, instabilité régionale due aux rivalités internationales autour des minerais stratégiques et signature d’accords bilatéraux sans consultation du Parlement.
Un appel pressant à un dialogue national
Face à ces défis, les initiateurs exhortent le Président de la République, « en sa qualité de Représentant de la Nation et du Symbole de l’unité nationale », à convoquer un dialogue national inclusif.
L’objectif est de résoudre « les causes profondes qui menacent sévèrement notre existence en tant que Nation et État », dans l’esprit de la résolution 2773 de l’ONU et conformément à l’article 69 de la Constitution.
Charité-Dadie Zamba
Lire aussi:
