Le Syndicat national des inspecteurs du Congo (SYNIECO) monte au créneau. Dans une correspondance adressée au président Félix Tshisekedi, ses membres du Nord-Kivu et du Sud-Kivu annoncent un boycott de toutes les prochaines évaluations certificatives nationales si leurs primes ne sont pas versées.
Ils dénoncent le non-paiement des intervenants de la hors session de l’Examen d’État 2025, tout juste clôturé. À cela s’ajoute, selon eux, une dette ancienne et « scandaleuse » liée à l’ENAFEP 2020, jamais honorée par Kinshasa.
Le SYNIECO s’insurge également contre une « inégalité de traitement » entre provinces. Les primes d’itinérance et de fonction, déjà servies ailleurs, restent un rêve dans ces deux provinces meurtries par l’insécurité.
« Pourquoi cette discrimination ? », s’interrogent les inspecteurs, rappelant que leur mission, souvent menée dans des zones à haut risque, est cruciale pour la crédibilité du système éducatif.
Le ton est grave : le boycott pourrait toucher l’ENAFEP, le TENASOSP, et l’Examen d’État édition 2025.
Cette grogne ne s’arrête pas là. À Masisi, plus de 100 enseignants mécanisés affirment n’avoir rien touché depuis six mois. À Rutshuru, les écoles sont fermées depuis mars. Dans certaines localités, seuls les parents assurent l’encadrement, à coup de 5 000 FC par semaine.
La ministre de l’Éducation avait pourtant promis, en mars, une prise en charge des enseignants non rémunérés. Trois mois plus tard, la situation reste figée, aggravée par les violences du M23 et la paralysie des opérations bancaires dans plusieurs zones.
Le silence des autorités devient difficile à justifier. On peut comprendre la complexité du contexte sécuritaire. Mais l’école, même en temps de guerre, reste un pilier de l’espoir.
Faute d’engagement concret, le pays risque de plonger dans une nouvelle crise éducative.
Correspondance
