Depuis son passage à la tête du ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST), Willy Bakonga s’est imposé comme le symbole de la lutte contre la fraude dans le système éducatif congolais. Face aux écoles fictives et aux agents indélicats, il a adopté une ligne ferme, rigoureuse et sans complaisance.
Un combat frontal contre la fraude au SECOPE
Le mercredi 18 mars 2020, Willy Bakonga avait convoqué une réunion décisive avec les agents du Service de contrôle et de la paie des enseignants (SECOPE). Son message était clair, tolérance zéro face à toute forme de tricherie.
« Il y a un agent du SECOPE qui doit être suspendu, qui a pris un arrêté, qui a dupliqué cet arrêté pour 80 écoles », avait dénoncé le ministre, visiblement indigné.
Il s’agissait d’un cas grave de fraude administrative; 80 établissements fictifs ajoutés aux listings, dans le seul but de détourner les fonds destinés à la paie des enseignants. Le ministre avait promis des sanctions sévères, non seulement contre cet agent, mais contre toute personne impliquée dans des pratiques similaires.
La rigueur comme ligne de conduite
À cette occasion, Willy Bakonga a rappelé aux agents que le SECOPE, bien qu’essentiel, n’est pas un organe de gestion. Sa mission est de collecter les données et de contrôler les effectifs pour une paie transparente, dans le respect de la bancarisation et de la gratuité de l’enseignement.

« Le SECOPE n’est pas gestionnaire. Même le directeur national, il n’est pas gestionnaire. Non ! Vous n’êtes pas un service qui engage », avait-il insisté.
Une mise au point nécessaire, dans un contexte où les cas d’agents fictifs proliféraient, souvent avec la complicité de certaines structures internes.
Une surveillance renforcée jusqu’à l’intérieur du pays
Pour couper court aux dérives, le ministre avait annoncé la mise en place d’une cellule de suivi dédiée à la vérification des listings dans toutes les provinces. Un contrôle accru pour s’assurer que seuls les vrais enseignants touchent leur salaire.
Par ailleurs, il avait averti les responsables du SECOPE. Tout manquement dans le signalement d’un décès ou d’un départ d’un enseignant entraînerait des sanctions disciplinaires immédiates.
Des actions concrètes, des résultats visibles
Sous Willy Bakonga, le ministère de l’EPST a connu plusieurs réformes pour assainir le système de paie :
• Identification et suppression d’agents fictifs ;
• Radiation de plusieurs écoles fictives des listings ;
• Sanctions disciplinaires à l’encontre des responsables complices ;
• Création d’un cadre de concertation avec les syndicats pour plus de transparence.
Une vision de l’éducation bâtie sur l’intégrité
Ces mesures visaient non seulement à stopper l’hémorragie financière, mais aussi à redonner confiance aux enseignants et aux partenaires éducatifs. Pour Willy Bakonga, la gratuité de l’enseignement ne pouvait se concrétiser que dans la rigueur et l’intégrité.
« Si nous apprenons qu’un agent a déserté ou est décédé et que vous n’avez pas fait le rapport, vous serez sanctionnés », avait-il martelé.
Un héritage d’intégrité à valoriser
Aujourd’hui encore, plusieurs observateurs saluent l’action de Willy Bakonga comme un tournant dans la lutte contre les détournements dans l’éducation. En rappelant ces faits, il est juste de rendre hommage à un homme qui a osé affronter les réseaux de fraude, avec fermeté et détermination.
Charité-Dadie Zamba
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