C’est une voix ferme, presque solennelle, qui s’est élevée ce mardi à la Cour constitutionnelle. Une voix qui ne s’est pas limitée à des rappels de procédure, mais qui a donné une portée institutionnelle à ce qui s’apparente désormais à un bras de fer symbolique entre un prévenu et la République.
« Monsieur le Président, il est inacceptable qu’un prévenu puisse narguer la plus haute juridiction du pays. Ce ne sont pas les individus qu’on nargue, mais c’est le pays à travers cette haute juridiction qu’on est en train de narguer aujourd’hui. »
Ce propos, chargé de gravité, sonne comme une mise en garde.
Plus encore, la Cour dénonce un mépris déguisé derrière les apparats du droit. « Le prévenu est en train de se moquer de la justice », entend-on. Ce n’est pas une simple critique. C’est un diagnostic sur la manière dont certains justiciables cherchent à instrumentaliser les mécanismes de protection parlementaire pour se soustraire à toute forme de redevabilité.
L’argument est renforcé par une attaque frontale contre les justifications du prévenu. « La décision du Parlement n’existe qu’à la tête du prévenu. J’ai eu à composer le dossier, je n’ai vu aucun écrit de l’Assemblée nationale, si ce n’est que la fabulation du prévenu. » En dénonçant cette « fabulation », la Cour déconstruit la légitimité même de la défense avancée. Il ne s’agit donc pas, selon elle, d’un vide juridique, mais d’une tentative délibérée de brouiller la lisibilité des faits.
Enfin, l’insistance sur le rôle historique de la Cour dans le processus électoral vient rappeler une contradiction profonde dans la posture de l’accusé. « C’est votre Cour qui lui a permis de se présenter, de battre campagne, qui a validé sa candidature. Et aujourd’hui, il prétend que cette même Cour lui fait un procès politique ? »
La charge est lourde, mais mesurée. Elle met en lumière un paradoxe : tirer profit de la légitimité d’une institution pour se faire élire, puis contester cette même légitimité quand elle devient terrain judiciaire.
Ce que la Cour semble défendre ici, ce n’est pas seulement sa compétence. C’est l’honneur même de l’institution, le respect du droit, et au-delà, le respect du pays.
Rédaction
