jeudi, mai 14, 2026

Tribune | Kinshasa face aux inondations : un fléau évitable

Par Homar André Bogard Leader Majeur

Chaque saison des pluies apporte son lot de désastres à Kinshasa. Mais la pluie qui s’est abattue dans la nuit du 4 au 5 avril 2025 a une fois de plus mis en lumière l’ampleur du problème : des vies perdues, des quartiers engloutis, des dégâts matériels considérables. Loin d’être un simple phénomène naturel, ces inondations sont aussi la conséquence d’un manque criant de planification urbaine et d’entretien des infrastructures.

Des rivières au cœur du problème

La capitale congolaise est traversée par plusieurs rivières qui jouent un rôle clé dans l’évacuation des eaux pluviales. Certaines, comme la Ndjili et la Nsele, viennent de l’extérieur de la ville (rivières allogènes), tandis que d’autres, comme la Lukunga et la Gombe, y prennent leur source (rivières autochtones).

Le problème ne vient pas tant de leur existence que de leur mauvaise gestion. À mesure que la ville s’étend, ces cours d’eau sont de plus en plus obstrués par des constructions illégales, des déchets et des sédiments provenant des érosions. Résultat : leur débit naturel est entravé, provoquant des débordements dès la moindre précipitation.

Une urbanisation anarchique et irresponsable

Les inondations ne sont pas qu’un phénomène naturel, elles sont aussi le reflet d’une urbanisation sans contrôle. Les constructions s’étendent sur des zones inondables, malgré l’évidence du danger. Certaines infrastructures, comme l’église Shekina, ont même été bâties sur le lit d’une rivière, aggravant les risques d’inondation.

Les permis de construire sont délivrés sans réelle étude d’impact, et la ville continue de grandir sans respecter les contraintes environnementales. Le résultat est un enchevêtrement de maisons, de routes et d’infrastructures qui bloquent l’écoulement des eaux et transforment la moindre pluie en catastrophe.

Le cas de la rivière Ndjili : un exemple frappant

La rivière Ndjili est un des foyers récurrents d’inondations à Kinshasa. Son bassin, qui s’étend sur plusieurs communes (Kimbanseke, Ndjili, Kisenso, Matete, Limete, Masina), reçoit des affluents chargés de sédiments et de déchets.

Même lorsqu’il ne pleut pas sur Kinshasa, la montée des eaux en amont suffit à provoquer des crues. Les riverains sont régulièrement contraints d’évacuer leurs habitations, et chaque saison des pluies s’accompagne du même scénario : routes inondées, quartiers coupés du reste de la ville, familles démunies.

Quelles solutions pour sortir du cycle des inondations ?

Face à ce fléau, des mesures concrètes doivent être prises :
– Un curage systématique des rivières, pour éviter leur obstruction.
– Une réorganisation urbaine, incluant l’interdiction de nouvelles constructions dans les zones à risque.
– La relocalisation des infrastructures problématiques, comme celles construites directement sur les lits de rivières.
– Un renforcement des politiques environnementales, pour limiter l’érosion et protéger les bassins versants.
– La création d’une structure de solidarité, pour venir en aide aux sinistrés et anticiper les urgences.

Il est temps d’agir

Les inondations ne sont pas une fatalité. Elles sont le résultat d’une négligence collective et d’un manque de vision à long terme. Si Kinshasa veut éviter de revivre ces drames année après année, une mobilisation est nécessaire, impliquant à la fois les autorités, les urbanistes, les experts en environnement et la population elle-même.

Laisser la ville sombrer sous les eaux à chaque pluie n’est pas une option. Il est temps de prendre les décisions qui s’imposent, avant que la prochaine catastrophe ne vienne rappeler, une fois de plus, l’urgence d’agir.

Homar André Bogard, Leader Majeur

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