vendredi, mai 29, 2026

Mort du brigadier Kabeya Senda Fiston : un décès sous enquête et des témoignages contradictoires

L’émotion est vive à Kinshasa après l’annonce du décès du brigadier de première classe Kabeya Senda Fiston, policier affecté à la circulation routière. Alors que la Primature exprime ses condoléances et assure que la justice militaire est saisie, des témoignages troublants circulent, mettant en cause l’escorte de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.

Un communiqué officiel face à des graves

Dans une note officielle datée du 1er avril 2025, la cellule de communication de la Première ministre a fait part de son « grand émoi » après la disparition de Kabeya Senda Fiston. Elle affirme que « la justice militaire s’est déjà saisie d’office » pour faire la lumière sur les circonstances du drame et met en garde contre toute manipulation.

Mais en parallèle, un témoignage anonyme relayé par sur internet jette un trouble sur les événements. Un collègue du brigadier raconte :

« La Première ministre venait dans l’essence unique. On a ouvert la voie pour elle. Puis on a vu une Jeep de son escorte revenir avec un major. Dès qu’ils sont arrivés, ils ont arrêté notre collègue Kabeya Senda. Ils l’ont transporté dans la Jeep, menacé, frappé violemment. Ils sont partis avec lui vers l’auditorat. C’est là qu’il a rendu sa révérence tristement. »

Ces accusations, si elles sont avérées, mettraient en cause des membres de la sécurité de la cheffe du gouvernement dans un passage à tabac fatal.

La Police appelle à la prudence

De son côté, la Police Nationale Congolaise a publié un communiqué pour condamner la spéculation. Selon le chef de l’Information et de la Communication de la PNC, Mavungu Ma Ngoma Julien, les causes du décès de Kabeya Senda Fiston « n’ont pas encore été élucidées ».

« La Police Nationale Congolaise appelle la population à ne pas céder à la manipulation et à la désinformation, car la justice militaire s’est déjà saisie de cette affaire et les enquêtes sont en cours afin d’identifier et d’appréhender les auteurs de cet acte odieux. »

Un ton qui vise clairement à freiner la propagation des accusations portées contre l’escorte de la Première ministre, mais qui ne dissipe pas le malaise autour de cette disparition.

Un drame qui soulève des questions

La rapidité avec laquelle l’enquête a été annoncée contraste avec le manque d’informations sur les circonstances exactes de la mort du brigadier.

Comment est-il décédé ? A-t-il succombé à des violences subies après son interpellation par l’escorte ministérielle ?

Les versions s’opposent. L’une évoque une bavure impliquant la sécurité de la Première ministre, l’autre met en garde contre les manipulations médiatiques. L’élément central manquant reste une enquête indépendante qui viendrait établir les faits et désigner les responsabilités.

D’ici là, le doute demeure.

Rédaction

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