Le cycle naturel de régénération de l’eau en RDC est dépassé par la pression démographique et l’urbanisation accélérée. L’accès à l’eau potable, à l’électricité et aux infrastructures adaptées devient un défi majeur. Pourtant, le réseau d’assainissement demeure archaïque, laissant la population exposée à des risques sanitaires croissants.

Face à cette urgence, l’ingénieur Rémy Luvumbu tire la sonnette d’alarme. Il pointe du doigt l’échec du programme Kin Bopeto, lancé par les autorités congolaises, et plaide pour une refonte complète du système. Selon lui, sans une approche industrielle et durable, la gestion des déchets restera un problème chronique. Il propose une stratégie ambitieuse qui repose sur la transformation des déchets en ressources exploitables.
Recycler pour bâtir : une industrie des déchets pour sauver la RDC
Un gramme d’hydrocarbure suffit à contaminer 1 000 litres d’eau. Cette pollution invisible, couplée à l’absence de traitement efficace des ordures, menace directement l’environnement et la santé publique.
Pour y faire face, Rémy Luvumbu prône la production locale de bacs et de poubelles en polyéthylène haute densité (PEHD), un matériau léger et résistant, conçu pour stocker les déchets ménagers et industriels. L’objectif est de faciliter le tri, la collecte et la valorisation des déchets, réduisant ainsi leur impact écologique.
Mais son projet va plus loin. Il ambitionne de mettre en place une industrie de la plasturgie capable de recycler 90 % des déchets plastiques et autres ordures. Parmi ses innovations majeures, il propose de transformer ces déchets en bitume vert, un matériau issu du plastique recyclé, pouvant être utilisé pour la construction et la réparation des routes. Cette approche permettrait de donner une seconde vie aux déchets tout en participant au développement des infrastructures du pays.
Assainissement et urbanisation : vers une entreprise mixte pour un système structuré
Le réseau congolais de drainage et de traitement des déchets est aujourd’hui insuffisant, incapable de faire face à la pollution croissante. L’ingénieur Rémy Luvumbu milite pour la création d’une entreprise mixte, spécialisée dans la production d’éléments préfabriqués en béton et béton armé. Ces matériaux s’adapteraient aux spécificités des différents types d’habitat et à la nature des effluents à traiter.

Pour garantir la durabilité des infrastructures, il recommande l’application de la norme SIA 190, qui régit les canalisations et branchements enterrés. Il insiste également sur la nécessité d’investir dans un laboratoire d’analyse et de tests pour assurer un contrôle strict de la qualité des matériaux.
Alors que des tonnes de déchets dangereux continuent d’être exportées illégalement vers l’Afrique, la RDC ne peut plus se permettre d’être une terre d’enfouissement incontrôlé. Rémy Luvumbu propose une approche radicale : faire de l’élimination des déchets une solution de dernier recours. Sa vision repose sur la valorisation, l’industrialisation et l’innovation, offrant ainsi une réponse durable à l’un des plus grands défis environnementaux du pays.
Charité-Dadie Zamba
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