La Namibie entre dans une page inédite de son histoire. Pour la première fois, une femme prend les rênes du pays. Netumbo Nandi-Ndaitwah a prêté serment ce vendredi 21 mars à Windhoek, devant plusieurs chefs d’État africains.
Une cérémonie sobre mais historique
Des applaudissements et des youyous ont marqué l’instant où Netumbo Nandi-Ndaitwah a levé la main droite pour prêter serment. Mais aussitôt, elle a demandé au public de ne pas l’applaudir. Dans un geste d’humilité, elle a préféré rendre hommage aux femmes qui l’ont précédée à la tête d’un État africain.

« _Elles m’ont préparé le chemin_ », a-t-elle déclaré, citant Ellen Johnson Sirleaf, première présidente du Liberia, et Samia Suluhu Hassan, actuelle présidente de la Tanzanie.
Elle a aussi salué les pères fondateurs de la Namibie, Sam Nujoma, décédé il y a trois semaines, et Hage Geingob, disparu l’an dernier.
Rassembler, réformer et lutter contre la corruption
Dans son premier discours en tant que cheffe d’État, Netumbo Nandi-Ndaitwah a repris une phrase de son prédécesseur, Nangolo Mbumba :

« _Une nouvelle ère s’ouvre sur notre beau pays._ »
Elle a ensuite fixé quatre priorités :
– Unir la nation, après des élections contestées.
– Créer des emplois, pour répondre aux attentes de la jeunesse.
– Renforcer l’éducation, levier du développement.
– Lutter contre la corruption, un combat qu’elle place au cœur de son mandat.
Sur le plan politique, elle tend la main à l’opposition et rassure :
« _Je servirai tous les Namibiens, quelle que soit leur affiliation politique_. »
Une victoire au-delà du genre
Face aux critiques, elle a tenu à clarifier une chose :
« _Je n’ai pas été élue parce que je suis une femme, mais parce que j’en suis capable_. »
Un message fort, qui dépasse les frontières namibiennes. L’élection de Netumbo Nandi-Ndaitwah marque un tournant dans la représentation des femmes en politique. Elle devient la cinquième présidente de la Namibie et la première femme à occuper cette fonction.
Son investiture résonne dans toute l’Afrique australe, où le débat sur la place des femmes au pouvoir prend une nouvelle dimension.
Charité-Dadie Zamba
