jeudi, mai 14, 2026

Auditions judiciaires au PPRD : un procès en gestation ou un bras de fer politique ?

L’auditorat militaire de Kinshasa-Gombe a entendu, lundi 10 mars, plusieurs hauts cadres du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), dont Emmanuel Ramazani Shadary, Aubin Minaku et Ferdinand Kambere. Si la justice cherche à obtenir des éclaircissements sur certains propos d’Aubin Minaku – « le chef a dit fini le moment des actions clandestines » – le parti de Joseph Kabila crie à la persécution politique.

Ferdinand Kambere ne cache pas sa colère :

« _Nous avions déjà compris que c’est un acharnement, que c’est le retour du Raïs qui gênait ceux qui sont au pouvoir et cette réorganisation du parti. Eux qui pensaient que le PPRD était mort avec la rupture, avec l’organisation des élections auxquelles PPRD et le FCC n’ont pas participé. Ils se rendent compte que c’est un parti qui a toujours son ancrage dans la société_. »

Kabila dans le viseur ? Le FCC s’insurge contre la justice militaire

Dans un contexte où Joseph Kabila est de plus en plus ciblé par des accusations, son camp dénonce une instrumentalisation de la justice. Le Front commun pour le Congo (FCC) qualifie cette série d’auditions d’« énième tentative du pouvoir tyrannique de Kinshasa d’intimider et de museler les membres du PPRD » et revendique son choix de « résistance à la dictature ».

Félix Tshisekedi, lui, accuse régulièrement le PPRD d’être lié à l’Alliance Fleuve Congo (AFC) de Corneille Nangaa, un rapprochement que Ferdinand Kambere rejette fermement :

« _Nous sommes un parti démocrate, qui s’engage dans le combat de la reconquête du pouvoir par des voies démocratiques. Aucune action contre la loi n’a été menée, inutile d’imaginer ce que nous sommes en train de faire. Ça n’a rien à voir avec un mouvement insurrectionnel._ »

Pendant ce temps, le ministre de la Justice, Constant Mutamba, affirme que les cadres du PPRD sont complices de l’AFC/M23, ce que le FCC considère comme une violation de leur droit à la présomption d’innocence.

Dans ce bras de fer entre justice et politique, la véritable question reste en suspens : s’agit-il d’une procédure judiciaire légitime ou d’une stratégie pour neutraliser un parti en pleine réorganisation ?

Charité-Dadie Zamba

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