jeudi, mai 14, 2026

Le FCC accuse Jean-Pierre Bemba de “chantre de la haine” et dénonce une intimidation politique

La semaine commence sous tension au sein du Front Commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila, sénateur à vie. Ce lundi 10 mars 2025, la plateforme politique a publié un communiqué dénonçant des convocations judiciaires ciblant plusieurs de ses hauts cadres.

Dans cette déclaration signée par Raymond Tshibanda, président de la cellule de crise du FCC, le parti affirme avoir pris connaissance des invitations envoyées par l’Auditorat Militaire Supérieur à plus d’une dizaine de ses dirigeants, dont son vice-président Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadari, secrétaire permanent du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD). L’objectif affiché de ces convocations serait “d’éclairer la justice”, une justification que le FCC rejette catégoriquement.

Une “campagne ignoble” orchestrée par le pouvoir

Pour le FCC, ces invitations interviennent dans un contexte de “multiplication d’accusations sans fondement” visant ses cadres, avec l’intention, selon lui, de ternir leur réputation et celle de Joseph Kabila, qu’il qualifie de “patron de leur famille politique”.

Raymond Tshibanda va plus loin, accusant directement le chef de l’État en exercice d’être l’instigateur de cette offensive contre le FCC. Il affirme que cette “campagne ignoble” aurait été “lancée personnellement par le Président de la République” et relayée par Jean-Pierre Bemba. À propos de ce dernier, le communiqué ne mâche pas ses mots :

“_Jean-Pierre Bemba semble être visiblement plus doué pour le rôle de chantre de la haine et de propagandiste du ‘Roi Soleil’ et de son régime que pour les nobles responsabilités de Ministre des Transports ou de la Défense nationale_.”

Le FCC qualifie cette situation d’“énième tentative du pouvoir tyrannique de Kinshasa” d’intimider et de museler les cadres du PPRD ainsi que tous ceux qui, selon lui, résistent à “la dictature de ce régime finissant”.

Complicité avec le M23 ? Une accusation rejetée en bloc

Le FCC ne cache pas non plus son indignation face à un communiqué publié par le ministre de la Justice, Constant Mutamba, qui affirme que ces convocations s’inscrivent dans le cadre d’une enquête sur des soupçons de complicité entre certains hauts cadres du PPRD et le mouvement armé AFC/M23.

Pour le FCC, cette accusation est une manœuvre politique visant à justifier l’interdiction de sortie du territoire imposée à ses dirigeants. Il fustige ce qu’il considère comme une violation de la présomption d’innocence et du secret de l’instruction.

“_Nous condamnons fermement cette instrumentalisation de la justice au mépris du principe sacro-saint de la démocratie et de l’indépendance judiciaire_”, peut-on lire dans le communiqué.

Un appel à la résistance

Face à ce qu’il qualifie de “dictature abjecte”, le FCC en appelle à la communauté nationale et internationale pour dénoncer ces pratiques. Il exhorte également ses membres et sympathisants à ne pas céder à la peur ni aux provocations, mais à rester “solidaires et unis derrière Joseph Kabila”, tout en poursuivant “la lutte pour une gouvernance démocratique et inclusive en RDC”.

Tout cela trouve son origine dans une déclaration d’Aubin Minaku, qui aurait récemment affirmé :

“_Le Chef (Joseph Kabila) m’a dit d’être prêt à tout et que le temps des actions de coulisses est passé. Il faut maintenant des actions ouvertes_.”

Une sortie qui suscite des interrogations : pourquoi attiser des tensions alors que le pays devrait plutôt œuvrer pour l’unité nationale ?

Seul le temps en dira plus.

Signé : Serge MANYA
Le Dissident

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