La santé des femmes congolaises reste une priorité affichée par le gouvernement. À l’occasion du 8 mars, le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale a réitéré sa volonté d’améliorer l’accès aux soins, notamment à travers la gratuité de l’accouchement et la Couverture Santé Universelle (CSU). Mais au-delà des annonces, la réalité sur le terrain pose encore question.
Des avancées mises en avant
Dans son communiqué, le ministère affirme que « la réduction de la mortalité maternelle demeure une priorité ». Il met en avant le programme Kobota Ofele, qui aurait permis à « plus de 1,3 million de femmes » d’accoucher gratuitement et en toute sécurité. Une initiative qui, selon les autorités, témoigne de la volonté du gouvernement « d’offrir à chaque femme un accès aux soins de qualité ».
Par ailleurs, l’instauration de la CSU s’inscrit dans cette dynamique. Selon le ministère, elle garantit « des soins accessibles et renforce la prise en charge des femmes, notamment celles vivant dans des zones touchées par l’insécurité à l’Est de la RDC ». Une promesse importante, alors que de nombreuses femmes dans ces régions peinent encore à obtenir des soins médicaux de base.
Un hommage aux victimes de la guerre à l’Est
Dans son message du 8 mars, le gouvernement adresse également « une pensée particulière aux femmes victimes de l’agression rwandaise ». Face aux violences qu’elles subissent, Kinshasa insiste sur la nécessité de leur offrir « un accompagnement médical, psychologique et social adapté ». Il assure rester « mobilisé pour leur garantir un accès aux soins et un soutien à la hauteur des épreuves qu’elles traversent ».
Un engagement à concrétiser
Le ministère conclut en réaffirmant son engagement : « Nous restons engagés dans la lutte pour la santé et les droits des femmes, convaincus que leur bien-être est un pilier essentiel du développement de notre nation ». Il promet de « poursuivre les efforts pour un avenir où chaque femme bénéficie des soins et de la dignité qu’elle mérite ».
Si ces déclarations traduisent une volonté politique, elles contrastent avec les réalités du terrain. L’accès aux soins reste un défi majeur en RDC, surtout dans les zones enclavées et en proie aux conflits. Les infrastructures sanitaires manquent de moyens, et de nombreuses femmes, notamment en milieu rural, peinent encore à bénéficier de ces mesures annoncées.
L’engagement du gouvernement sera donc jugé à l’épreuve des faits : la gratuité des soins et la CSU seront-elles réellement accessibles à toutes, sans discrimination ni entraves ? Les femmes victimes des atrocités de l’Est recevront-elles le soutien promis ? À l’heure des bilans, ces questions restent ouvertes.
Rédaction
