jeudi, mai 14, 2026

Désiré-Cashmir Eberande, informateur pour le gouvernement d’union nationale

Félix Tshisekedi n’a pas attendu longtemps pour poser les jalons de son gouvernement d’union nationale. Le chef de l’État vient de confier à son conseiller spécial en matière de Sécurité, Désiré-Cashmir Eberande Kolongele, la lourde mission de consulter la classe politique, la société civile et toutes les forces vives du pays afin de dégager un consensus national autour de ce projet.

L’annonce a été faite lors du Conseil des ministres du vendredi 28 février 2025, et les mots du président sont clairs : ce gouvernement doit être un bouclier contre l’agression étrangère. Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, a relayé le message avec insistance :

« _Dans cette perspective, il (Félix Tshisekedi, ndlr) avait chargé son conseiller spécial en matière de sécurité d’entamer les consultations nécessaires avec la classe politique, la société civile et les autres forces vives afin de dégager un large consensus pour y (gouvernement d’Union nationale, ndlr) parvenir. Le président de la République assure que ce gouvernement aura pour mission de faire front contre les agressions dont notre pays est victime, en particulier de la part du Rwanda qui cherche à occuper notre territoire et à piller nos ressources naturelles au détriment du peuple congolais, seul légitime bénéficiaire_. »

Mais au-delà du discours officiel, cette nomination soulève de sérieuses interrogations sur la transition en cours. Pourquoi un conseiller en Sécurité, et non un acteur institutionnel habituel, pour piloter ces consultations ? Ce choix traduit-il un tournant militaro-stratégique dans la gouvernance ? Tshisekedi, dont le second mandat débute sous haute tension, cherche-t-il à verrouiller le jeu en plaçant un homme de confiance au cœur des négociations ?

Le fait que l’actuel gouvernement reste en place, mais sous surveillance, alimente également les spéculations. Interdiction formelle de céder des actifs de l’État, de procéder à des nominations précipitées ou d’engager des dépenses publiques imprévues : autant de directives qui laissent penser à une méfiance envers certains membres de l’équipe actuelle. Un contrôle étroit qui annonce une fin de règne sous tension pour Judith Suminwa et ses ministres.

L’Union sacrée, plateforme politique du chef de l’État, reste le premier cercle de cette initiative, mais jusqu’où ira-t-elle dans l’ouverture ? L’opposition sera-t-elle conviée sans faux-fuyants ? La société civile aura-t-elle voix au chapitre ou servira-t-elle simplement de caution démocratique ?

Dans cette atmosphère d’urgence, la RDC s’apprête à entrer dans une reconfiguration politique inédite, portée par l’ombre de la guerre à l’Est. Mais ce gouvernement de combat sera-t-il une armure contre l’ennemi extérieur ou un instrument de consolidation du pouvoir en interne ? C’est là toute la question.

Charité-Dadie Zamba

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