jeudi, mai 14, 2026

L’ONU exige le retrait du M23, Kigali défie la communauté internationale

Alors que le Conseil de sécurité de l’ONU a exigé le retrait immédiat de l’Alliance des Forces de Changement/M23 des zones qu’elle occupe en République démocratique du Congo, le mouvement rebelle, soutenu par le Rwanda, persiste dans son refus d’obtempérer. Ce samedi 22, loin de toute volonté de repli, le M23 a organisé des meetings et des causeries morales à Goma et Bukavu, renforçant son emprise à travers une administration parallèle que Kinshasa qualifie d’« administration criminelle ».

Sur le terrain, les accusations s’intensifient contre le M23. L’ONU et Kinshasa dénoncent des exactions graves, notamment des exécutions sommaires et des viols dans les territoires sous occupation. Face à cette situation explosive, la communauté internationale multiplie les pressions, mais Kigali contre-attaque sur le front diplomatique.

Le Parlement rwandais rejette la résolution du Parlement européen

Dans une démarche de riposte, le Parlement rwandais a adopté une résolution rejetant la position du Parlement européen sur la crise sécuritaire à l’est de la RDC. Kigali accuse Bruxelles d’une approche biaisée, ignorant, selon lui, les causes profondes du conflit et les préoccupations sécuritaires du Rwanda.

Dans cette résolution, Kigali rappelle que 100 000 réfugiés congolais sont installés au Rwanda après avoir fui les violences persistantes dans l’est de la RDC. Selon les autorités rwandaises, cette crise humanitaire découle de décennies d’instabilité marquée par la présence de plus de 250 groupes armés dans la région, parmi lesquels les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), qualifiées par Kigali de « milice génocidaire ».

Le Rwanda récuse également l’analyse du Parlement européen, qui impute les tensions aux enjeux miniers. Pour Kigali, la racine du problème réside dans la mauvaise gouvernance congolaise, l’exclusion de certaines communautés et la montée des discours de haine visant les Tutsis congolais. Kigali accuse Kinshasa de collaborer avec la FDLR et d’avoir formé une coalition militaire régionale avec des milices congolaises Wazalendo, des forces burundaises et des mercenaires européens.

Tensions diplomatiques et bras de fer militaire

Face aux appels à des sanctions contre le Rwanda, Kigali dénonce une « politisation de la coopération au développement » par certains pays occidentaux et affirme que ces mesures n’ont jamais permis d’apporter la paix dans la région.

Tout en rejetant la position du Parlement européen, le Parlement rwandais affirme soutenir une résolution politique du conflit. Il plaide pour un dialogue direct entre les parties prenantes, s’appuyant sur les conclusions du sommet conjoint de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), tenu à Dar es Salam le 8 février 2025 et validé par l’Union africaine.

Cette offensive diplomatique du Rwanda s’accompagne d’une tension croissante sur le terrain. Alors que Kinshasa mobilise ses forces pour reconquérir les territoires occupés, le M23, avec l’appui de Kigali, consolide ses positions. La communauté internationale se retrouve face à une impasse, oscillant entre condamnations, appels à la négociation et calculs géopolitiques.

L’est de la RDC demeure un foyer de crise où s’entremêlent intérêts régionaux et luttes de pouvoir, rendant toute issue pacifique de plus en plus incertaine.

Charité-Dadie Zamba

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