Refus catégorique, accusations explosives et chaos sur le terrain : depuis Munich, Félix Tshisekedi balaie toute idée de dialogue avec l’AFC/M23, dénonçant une « agression rwandaise déguisée ». Pendant ce temps, les rebelles s’emparent de l’aéroport de Kavumu, les FARDC résistent, et Bukavu retient son souffle sous la menace.
Les combats, d’une intensité inédite, ont provoqué la panique dans la région. À Bukavu, les commerces ont fermé leurs portes, et des milliers de civils fuient vers des zones supposées plus sûres. L’armée congolaise, bien que dépassée par la rapidité de l’avancée rebelle, tente de reprendre l’initiative. « Nos troupes sont toujours sur le terrain. Nous menons des opérations de contre-offensive pour récupérer Kavumu », assure un porte-parole des FARDC. Mais sur le front, la situation reste confuse.
Alors que les forces loyalistes luttent pour contenir l’assaut, Tshisekedi ne mâche pas ses mots. Il accuse ouvertement son prédécesseur, Joseph Kabila, d’être “le véritable commanditaire” de cette insurrection, orchestrée selon lui avec le soutien de Kigali. Une déclaration qui enflamme encore davantage la scène politique congolaise, où les tensions entre les camps de l’ancien et de l’actuel président sont déjà à leur paroxysme.
Sur le plan diplomatique, la pression monte. L’Union européenne somme les rebelles de stopper leur progression et exhorte Kigali à retirer ses troupes du territoire congolais. À Addis-Abeba, la Première ministre Judith Suminwa tente de mobiliser un front africain pour stopper l’hémorragie. Mais sur le terrain, la guerre suit son propre agenda, et chaque heure qui passe éloigne un peu plus l’espoir d’une issue pacifique.
Charité-Dadie Zamba
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