La prochaine étape du dialogue entre le pouvoir central et les provinces est désormais connue. À l’issue de la 13ᵉ Conférence des gouverneurs, clôturée le 27 mars 2026, le président de la République Félix Tshisekedi a officialisé les villes appelées à accueillir les deux prochaines sessions de cette grande rencontre institutionnelle.
Après l’édition organisée dans l’espace Grand Bandundu, précisément à Bandundu-ville, la Conférence des gouverneurs prendra la direction de Matadi, chef-lieu du Kongo Central, pour sa 14ᵉ session prévue en décembre 2026.
Dans la même dynamique, le chef de l’État a annoncé que la 15ᵉ session se déroulera à Kananga, capitale provinciale du Kasaï Central.
« La 14ᵉ session se tiendra à Matadi au mois de décembre 2026, tandis que la quinzième session aura lieu à Kananga », a déclaré Félix Tshisekedi dans son discours de clôture, en sa qualité de président de la Conférence des gouverneurs.
Agriculture et gouvernance provinciale au cœur des débats
Placée sous le thème de la transformation des secteurs agricole, pastoral et halieutique, la 13ᵉ session visait à renforcer le développement rural et améliorer la connexion entre les zones de production et les marchés urbains.
Toutefois, au-delà des questions économiques, les tensions récurrentes entre gouvernements provinciaux et assemblées provinciales ont largement dominé les échanges.
Le président de la République a profité de cette tribune pour rappeler la finalité première de la décentralisation : rapprocher l’État des citoyens et favoriser le développement local, loin des rivalités politiques internes.
Selon lui, la décentralisation ne doit pas devenir un facteur d’instabilité institutionnelle ni un espace de confrontation permanente entre institutions provinciales.
Félix Tshisekedi met en garde contre les crises institutionnelles
Dans son adresse aux gouverneurs, le chef de l’État a insisté sur le lien direct entre stabilité politique et développement économique.
Il a estimé qu’aucune politique agricole sérieuse ne peut produire des résultats durables dans un environnement marqué par des conflits institutionnels répétés, l’instabilité administrative ou la politisation excessive des mécanismes de contrôle.
Pour Félix Tshisekedi, les blocages observés dans certaines provinces traduisent souvent une mauvaise compréhension de la décentralisation et une coordination insuffisante entre les différents niveaux de décision.
Une institution constitutionnelle de coordination nationale
Consacrée par l’article 200 de la Constitution du 18 février 2006, la Conférence des gouverneurs constitue un cadre permanent de concertation entre le pouvoir central et les exécutifs provinciaux.
Elle repose sur les principes de libre administration des provinces, d’autonomie de gestion et de décentralisation avancée, tout en garantissant la cohésion nationale.
La loi organique n°08/015 du 7 octobre 2008 précise son organisation et ses missions, notamment la formulation d’avis sur les politiques publiques, le renforcement de la solidarité nationale et l’harmonisation des relations institutionnelles.
Une conférence itinérante pour rapprocher Kinshasa des provinces
Organisée à tour de rôle dans les provinces, la Conférence des gouverneurs vise à rapprocher les institutions nationales des réalités locales. Ce caractère itinérant permet d’intégrer les spécificités régionales dans l’élaboration des politiques publiques.
Elle réunit le Président de la République, le Premier ministre, les gouverneurs de province, le ministre de l’Intérieur ainsi que d’autres membres du gouvernement selon les thématiques abordées.
Avec les rendez-vous déjà fixés à Matadi puis à Kananga, l’exécutif entend maintenir un dialogue régulier entre les différents niveaux de gouvernance afin de consolider la stabilité institutionnelle et soutenir le développement territorial du pays.
Cecile Lowa
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